Ma TDS 2018

Same player shoot again! 1 an après, presque même heure, même endroit et même équipe de supporters... 

Cette année, c'est sur la petite soeur sauvage, la TDS, que je me suis engagé, après l'UTMB en 2017

Et une de plus au compteur!


Fraîchement débarqué la veille du Portugal avec mes valises de linge sale, mon heure de décalage horaire et mes 2 kilos en trop (merci les pastéis de nata), c'est le mardi 28 août que nous prenons la route avec Delphe, direction la mecque du Trail en cette fin de mois d'août : Chamonix!

1 heure à retirer mon dossard accompagné d'Olivier, un passage vers Philippe De Dona et son équipe d'Active Patch 4U pour soulager un tendon d'Achille récalcitrant, un rapide tour du salon pour dire bonjour aux amis et vers 18h30, on prend la route direction Courmayeur pour rejoindre notre appart de champions : Benoît alias la Makina des Monts d'Or, Marion alias la doc Runneuse et Olive alias le Réunionnais volant!


Mercredi 29 août : Jour de course

ITALIA

La météo ayant décidé à nouveau de nous jouer des tours en 2018, l'organisation avait modifié le parcours ainsi que l'heure de départ de la course : 6h au lieu de 8h...

Chouette! Grasse matinée, levé 5h au lieu de 3 ;-)

Je prends mon ptit dej tranquille et rapidement, les copains se lèvent et en font de même.

L'heure tourne, gentiment, on s'équipe et à 7h15, direction la ligne de départ qui est déjà noire de monde!

Comme d'hab, je fais le boulet en oubliant ma flasque dans la voiture. Rapide aller-retour qui me permet d'échauffer mon tendon. Photo de copains avant le départ... Puis on file avec Ben voir si on peut resquiller le sas élite. Lui y parvient mais moi non...

Ni une, ni deux, avec Olivier, on enjambe les barrières et on se retrouve juste derrière le SAS. Ca grogne un peu, mais bon...

Seb et Mélo (mon frérot et ma belle-soeur) sont de l'autre côté de la ligne et m'appellent pour un câlin/bisous de départ... Je me faufile tant bien que mal de l'autre côté et quelle surprise de voir mes 2 petites nièces (dont l'une est ma filleule) qui sont aussi du voyage... Et voilà! On n'est même pas partis que je chiale déjà comme une madeleine!

Chemin retour : "Pardon... Pardon... Scuzi... Sorry...", je retrouve ma place auprès d'Olive... Discours des officiels, BO de Pirates des caraïbes et BIIIIIIIIIIIMMMMMMM, on est partis pour 123 bornes et 7000+ de plaisir ou presque!

Les premiers km dans Courmayeur défilent vite aux côtés de Benoît. Je parviens aussi à rattraper Régis (Durand) pour l'encourager. J'ai bien fait, puisqu'il terminera 8ème au scratch! Machiiiinnnne!

Rapidement, on quitte la route pour s'élever sur une piste 4x4 en direction de l'arête du Mont Favre et du lac Combal. Benoît prend de la distance tandis que j'adopte mon allure ultra. Ca monte bien avec près de 1400+ en 11km. Je passe le pointage en 68ème position. Les paysages sont sompteux avec des points de vue sur le versant Italien du Mont blanc et des sommets qui l'entourent.

Au lac Combal, je croise Cyrille Quintard qui me tire le portrait puis je file pour mon premier ravito. Recharge des flasques et j'avale qq aliments facilement digestibles puis reprend ma route.

TDS au lac Combal
Crédits Cyrille Quintard

Les portions qui suivent sont agréables alternant entre piste 4x4 et jolis singles de montagne. La météo est également de la partie avec un ciel radieux et un soleil déjà chaud.

Je passe le col des Chavannes (km20 - 2000+) en 2h40, toujours à la 68ème place. Ici, on bascule en direction du lac de Verney et de la France par une looooooooonnnnnngue piste 4x4 en descente. Les sensations sont toujours bonnes et je double même qq coureurs dont Nathan Jovet (Team Salomon) qui s'est fait une cheville. Je lui propose mon aide qu'il décline gentiment.

L'arrivée sur le lac est magnifique même si on y distingue le mur qui va nous permettre de remonter vers le col du petit Saint-Bernard et ses nombreux et bruyants supporters!

Je joue allègrement du bâton pour me glisser là-haut afin de rejoindre Delphe qui m'encourage, accompagnée de Cyrille. Un peu plus loin, ce sont mes supporters favoris qui s'égosillent pour m'encourager et malgré les jambes qui tirent, je me détourne du chemin pour les étreindre chaleureusement... Ils seront même les stars éphémères de l'UTMB TV ;-)

Le ravitaillement marque le passage de la course en France... Je m'y arrête un court moment pour reprendre des forces.

 

FRANCE

Je sors du ravito (km36 - 2500+) en 4h21 et en 72ème position mais la route est encore longue.

La section qui vient est une longue descente (15km) en direction de Bourg-St-Maurice. Le terrain est toujours le même avec une alternance de pistes 4x4 et parfois quelques singles... Dans cette section, de premiers signes d'échauffement et d'ampoules apparaissent sous mon pied gauche... Arf, pas bon signe :-(

Le ravito de BSM est également le premier lieu d'assistance autorisé. Je retrouve Delphine après 5h46 de course, parfaitement dans mes temps de passage. Ben est là et quitte le ravito quand j'arrive, juste le temps d'échanger qq mots et encouragements.

Comme d'habitude, ma chérie s'occupe de mon sac pendant que je change de vêtements, de chaussures et que je me ravitaille. Seb, Mélo et les filles sont là aussi. Je prends un bon shoot de câlins et d'encouragement avant de repartir vers la section qui devait être la plus difficile de la course avec le passage au Passeur de Pralognan, finalement shunté par l'organisation.

Ce qui s'annonce n'est quand même pas une partie de plaisir avec près de 1600+ en 20km.

Cette section sera interminable pour moi et notamment les longues portions de bitume (je ne sais pas où était passée la petite soeur sauvage de l'UTMB???) avant Bonneval-les-Bains et dans la montée vers le Cormet de Roselend (au milieu des campings-car et des voitures). Ici, j'aurais préféré courir afin que cela passe plus vite mais j'ai eu le plus gros coup de bambou de la course... J'ai donc pris mon mal en patience pour retrouver mon fan club au Cormet de Roselend. C'est le 70ème KM et je suis 80ème en un peu plus de 9h de course.

Après le ravito du Cormet, on monte au col de la Sauce pour basculer vers la Gittaz. Cette portion est magnifique et très sauvage. J'ai adoré et en plus, les bonnes sensations reviennent enfin. Le passage du curé, au dessus du torrent de la Gittaz mérite que je revienne traîner mes chaussures de rando dans le coin. Effet waouh garanti. Dans la grande combe qui s'ouvre enfin, j'entends Lily-Rose qui m'encourage au loin. Je passe à la Gittaz en toute fin de journée. Je suis 68ème.

Remplissage des flasques à la fontaine et on repart. Le parcours reprend son ascension en direction d'Entre-deux-Nants. Ici, le ciel se gatte et le tonnerre commence a gronder. Dès les premières gouttes, je m'arrête pour enfiler ma veste storm car je pense qu'on va "manger bon"! Bonne idée!

 

En moins de 2 minutes, le ciel s'abat littéralement sur ma tête avec de la pluie forte, du vent et enfin de la grêle pendant près de 15 minutes. La température s'effondre brutalement. Je me mets dans ma bulle en mode machine, le but est d'avancer pour tenter de maintenir ma température corporelle et d'éviter l'hypothermie. Je passe le pointage rapidement malgré l'invitation des bénévoles à m'arrêter dans leur tente chauffée.

Je resterai dans l'orage environ 30 minutes. Le ciel s'éclaircit enfin au passage du col et m'offre de sublimes lumières à la tombée du jour... La fameuse golden hour, si chère aux photographes. J'aurai tant aimé vous ramener quelques images de ces instants magiques mais éphémères. Hélas, je ne suis pas là pour acheter du terrain et puis de toute façon, j'avais les doigts gelés!

J'arrive au Col du Joly vers 20h30 à la 54ème place et je suis surpris d'y retrouver mes supporters que je pensais retrouver aux Contamines (lieu de la 2ème assistance autorisée). Ravito chaud, petit coucou, équipement pour la nuit et c'est reparti!

La descente est longue et mes pieds commencent à souffrir de l'humidité. Je sens des ampoules se former et je languis d'arriver aux Contamines pour sécher mes pieds, changer de chaussettes et de chaussures.

J'arrive vers 21h40 et j'entre dans la tente d'assistance... Personne... Delphe n'est pas là... Je m'inquiète et la fait appeler par un bénévole. Elle s'est en fait trompée de route depuis le Col du Joly et sera là dans 20 minutes. Pas le temps d'attendre. Je prends un peu plus de temps pour me ravitailler, enfiler les qq vêtements chauds et secs de mon sac et repars pour la dernière difficulté de la course avec le col du Tricot. Cette montée se résume en 2 portions assez raides de 600+ (soit 1200+ si vous comptez bien) entrecoupées par une courte descente technique.

La première montée se passe plutôt bien. Dans la descente, mes pieds et mes quadris me font souffrir mais je serre les dents et d'ici, je distingue les qq frontales serpentant dans la montée abrupte qui nous mène vers la lumière des bénévoles qui éclaire le haut du Tricot.

Je prends mon mal en patience et monte lentement mais sûrement vers le Col. La pente est rude mais j'atteins le col un peu avant minuit, pour la première fois dans le top 50 de cette course mythique (49ème). Ca y est, c'est la bascule et je sais que je serai une fois de plus, finisher d'un ultra.

S'en suit une nouvelle descente technique vers la passerelle du torrent de Bionnassay qui gronde en fond de vallée. Ici, dans l'obscurité de la nuit, j'entends une chute de séracs dont le bruit assourdissant emplira la vallée. Intense!

Courte remontée vers Bellevue que j'efface après 16h30 de course.

Dans la descente vers les Houches, mes pieds me brûlent de plus en plus et je languis l'arrivée. Les lacets sur la route me paraissent une éternité mais enfin, j'atteins le dernier ravito à 1h15 du matin. Ben, lui, vient d'arriver à Chamonix. Dans la tente de ravito, Clément Barret de chez Oxsitis est "échoué". J'essaie de le dissuader d'abandonner car pour moi, il est arrivé... Il ne reste que 7km presque plats jusqu'à Cham. En vain...

Je ne traîne pas. Je cours quasi intégralement ces derniers km et arrive au milieu de la nuit dans les rues vides de Chamonix.

Cela contraste allègrement avec l'arrivée bruyante et émouvante de l'année dernière.

Peu importe, les plus importants sont là : Delphe, Seb, Mélo et les filles, ma Maman, Ben et les copains Romain et Greg...

Après l'UTMB en 2017, je suis finisher de la TDS 2018 en 18h15 (pour un objectif visé de 19h, c'est pas si mal) à la 54ème place et 5ème féminine ;-)

Un peu plus tard, Marion et Olivier termineront brillamment la course. Félicitations à eux.

Je ne sais pas si je reviendrai à nouveau sur les chemins du Mont-Blanc l'an prochain car mes sentiments sont mitigés entre cet énorme engouement populaire, des points de vue majestueux sur le Mont-Blanc mais également beaucoup de route sur ces itinéraires choisis. Est-ce dû au parcours de repli de ces 2 années? On verra bien.

 

 

Bravo à mon Ben pour sa perf XXL, une fois de plus.

Immense merci à ma chérie pour son soutien moral et logistique.

Merci Mélo, Seb et les filles. Quel bonheur de vous avoir à mes côtés. Je vous aime tellement fort.

Merci à ma ptite Maman d'avoir été là en pleine nuit pour voir mon arrivée malgré sa semaine de bénévolat sur l'évènement.

Merci à mes partenaires et en particulier à Cimalp pour son indéfectible soutien...

Et enfin merci à vous tous pour vos nombreux messages d'encouragements.

 

10 à 15 jours de repos et on remet la chaudière en route pour le dernier objectif de l'année sur les Templiers. Va falloir passer du mode tracteur au mode voiture de course en 4 semaines... Pas simple

 

 

Allez, portez vous bien ;-)

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Commentaires: 3
  • #1

    Eric (mercredi, 05 septembre 2018 11:29)

    Bravo pour la perf et pour le CR détaillé sans être trop long. Tu peux envisager de faire un bouquin, genre " Après quoi je cours" � encore bravo.

  • #2

    Catherine Guiguitant (mercredi, 05 septembre 2018 15:22)

    Wahou,, pour moi tu est un extra-terrestre du Trail, je suis baba devant toutes ces performances ,il faut un mental a tout épreuve et c'est vrai que l'entourage est super importante, de plus c'est super bien écris, on s'y croirait, bravo,

  • #3

    Flo (mercredi, 05 septembre 2018 17:07)

    Merci.
    Extra-terrestre du trail, il ne faut pas exagérer. Il existe beaucoup de coureurs bien plus performants que moi.
    A bientôt